«Emprise sur la ville» : parfois, de bons acteurs ne suffisent pas

Mark Wahlberg, Russell Crowe et Catherine Zeta-Jones partagent l’affiche de ce film à sensations fortes qui n’en est pas un.

«Emprise sur la ville» est l’histoire d’un flic, Billy Taggart (Mark Wahlberg). Licencié après une bavure — il assassine un malfrat —, il n’a d’autre choix que de devenir détective privé.

Mais le maire de New York, Nicholas Hostetler (Russell Crowe), pas plus que le chef de la police, Carl Fairbanks (Jeffrey Wright) ne l’ont oublié. Sept ans plus tard, Hostetler demande donc à notre homme de pister sa femme, Cathleen (Catherine Zeta-Jones), qu’il soupçonne de lui être infidèle.

Ça, c’est la version officielle. Quand Taggart suit Cathleen, il ne tarde pas à réaliser que ses escapades n’ont rien d’une partie de jambes en l’air. En effet, le maire est en pleine campagne de réélection et vient de signer un contrat juteux d’allocation de terrains à une entreprise privée.

Malheureusement, le scénariste Brian Tucker (qui signe ici sa première œuvre) et le réalisateur Allen Hughes (de la télésérie «Touching Evil») oublient de saupoudrer le tout de suspense — c’est quand même l’élément clé d’un bon film à sensations fortes —, et enchaînent les scènes les unes après les autres jusqu’au dénouement final, empli de bonne morale américaine.

«Emprise sur la ville» m’a fait penser, par certains aspects, à «L'élite de Brooklyn». Le sujet est bon, les acteurs aussi, mais la sauce ne prend pas. Est-ce parce qu’on a l’impression que tout le monde joue en mode «pilote automatique»? Russell Crowe en maire corrompu jusqu’à la moelle ne donne pas vraiment l’illusion d’être pourri, pas plus qu’il ne convainc d’avoir peur des révélations possibles suite à l’enquête de Taggart.

Parlant de l’ex-flic incarné par Mark Wahlberg, lui non plus ne crève pas l’écran. Après quelques cascades, ce personnage alcoolique repenti se remet à boire et se fait larguer par sa copine, sous intrigue trop développée pour ce qu’elle apporte. Quant à Catherine Zeta-Jones, que j’ai eu un peu de peine à reconnaître (pour cause de Botox?), elle est tellement mal employée que son rôle aurait pu être tenu par n’importe qui d’autre.

Bref, et c’est bien dommage, «Emprise sur la ville» est oublié aussitôt la projection terminée. Ce n’est donc pas le film sur lequel se jeter en fin de semaine. Attendez plutôt sagement sa sortie en DVD, Blu-ray et en vidéo sur demande, votre portefeuille vous en remerciera.

Note : 2,5 sur 5

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