Anik Jean donne la frousse aux journalistes

MONTRÉAL – Le retour d’Anik Jean avec son nouvel album «Schizophrène», dont la sortie est prévue le 26 février, ne passera pas inaperçu et la Sûreté du Québec aurait même été contactée en lien avec la campagne pour mousser ce quatrième opus.

Pour faire la promotion du matériel de la chanteuse, son équipe a concocté une offensive marketing pour le moins singulière en expédiant à des journalistes, en novembre et en décembre, deux messages anonymes au caractère menaçant. Le premier disait simplement «Minable» et le second «Je n’arrêterai pas». Chaque lettre avait été découpée dans un journal et collée sur une feuille.

Voici un exemple de lettre reçue par les médias. (Agence QMI)
Des salles de rédaction, notamment celle de l’Agence QMI, à Montréal, ont avisé leur service juridique.

Au moins un quotidien, «Le Devoir», par l’entremise de son chroniqueur culturel Sylvain Cormier, aurait contacté la Sûreté du Québec, prenant ces menaces au sérieux.

On sait maintenant que «Minable» et «Je n’arrêterai pas» sont les deux premiers extraits du nouvel opus de la femme de Patrick Huard.

Anik Jean, dans un communiqué qui devait être diffusé le 15 janvier, explique pourquoi elle a eu recours à une telle campagne de promotion en disant qu’il s’agissait «d’un moyen d’illustrer ce que peuvent ressentir les personnes victimes d’intimidation, un phénomène duquel personne n’est à l’abri, peu importe l’âge, le milieu ou le rang social».

Elle poursuit plus loin, au sujet du premier simple, «Minable» : «L’opération des lettres anonymes a réussi, puisque les journalistes ont propagé les effets qu’avait sur eux l’intimidation dans les réseaux sociaux, a écrit Anik Jean. L’intimidation est partout autour de nous et est souvent à l’origine de tragédies humaines. Cette chanson est une réponse à tous ces «bullies» [NDLR : harceleurs] à qui l’on donne trop de pouvoir par nos silences».

L’«affaire Anik Jean» a eu des échos jusque sur Facebook et Twitter. Le journaliste pigiste Serge Drouin, un ancien du «Journal de Québec», a écrit : «Le but est atteint, ça fait jaser».

Quant à son collègue Sylvain Cormier du «Devoir», il a partagé sur son fil Twitter : «Des excuses, peut-être, maintenant?».

L’album «Schizophrène» doit être lancé à Montréal le 26 février lors d’un concert au Club Soda dans le cadre de Montréal en lumière. L’artiste en fera autant, le 7 mars, à l’Impérial de Québec.