ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    Sébastien Lacombe - Chapitre 3 - Dakar, la ville qui ne dort pas

    Oui c'est vrai, Dakar ne dort jamais. Peu importe l'heure, il y a toujours du bruit dehors. Ce bruit, c'est la musique, le chant du muezzin, les travaux dans la rue, les cars sans freins, les klaxons, les satanés klaxons...

    Dakar est une ville aux mille recoins et aux mille mystères : bordélique, chaotique, mais chaleureuse et souriante. Il y a plusieurs quartiers : Point E (le mien), le Plateau (centre-ville), Médina (le vieux quartier populaire où Youssou N'Dour a grandi), Amitié, les Parcelles, Pikine et j'en passe.

    Dakar est une ville en pleine expansion. Tellement qu'il y a des constructions partout. Comme à côté de chez moi, où j'entends, le jour, les scies à métaux et les bétonnières qui travaillent sans répit.



    On ne peut pas parler de la musique du Sénégal sans parler de Youssou N'Dour qui joue tout le temps et partout, et que j'ai eu le privilège de voir en spectacle sur une petite scène extérieure à l'Institut Français. Il est propriétaire d'une chaîne de télé et il a aussi son bar qui s'appelle le Thiossane.

    Youssou N'Dour est le roi du mbalax : une musique endiablée où la polyrythmie est impossible à suivre quelquefois. C'est la musique sénégalaise la plus populaire.

    Les jeunes, eux, écoutent du reggae et du hip-hop. Le récent disque de Youssou N'Dour est d'ailleurs un disque de reggae ayant pour titre Dakar-Kingston où il rend hommage à Bob Marley.



    Pour ce qui est du hip-hop, le maître ici, c'est Didier Awadi. Lui aussi, je l'ai vu en spectacle à la Biscuiterie. Un concert intitulé Présidents d'Afrique qui brasse la cage.

    Pour connaître la musique de Didier Awadi, vous pouvez visiter son site.

    La scène musicale dakaroise et sénégalaise est super dynamique. Tous les groupes passent au Just 4U, un genre de Club Soda dans un jardin. Je vais, tout au long de mes chroniques, vous présenter mes coups de coeur.



    Aussi, l'Institut français du Sénégal, situé au centre-ville, offre une programmation culturelle très intéressante.

    Pour savoir ce qui se passe à Dakar en ce qui concerne la vie culturelle, visitez l'Agenda Dakar.

    Devenir Dakarois
    Devenir Dakarois, c'est comprendre la culture, parler un peu le wolof, et surtout, saluer les gens qu'on rencontre. Pas des petits sourires en coin comme on fait au Québec, mais saluer comme un Sénégalais, ce qui peut prendre au moins 10 minutes. Plus on connaît du monde, plus traverser la rue peut prendre du temps.

    Voici quelques mots en wolof essentiels pour les salutations :Nanga def? : Comment ça va?Nanga fanaane? : Comment as été la nuit?Naka ligguey bi? : Comment va le travail?

    Si on n'est pas pressé, on peut se rendre jusqu'aux grands-parents. On répond « Jam rekk » (la paix seulement) ou « Mangi fi rekk » (je suis là) et on sourit.

    Devenir Dakarois, c'est marcher sur les trottoirs bondés d'autos stationnées. C'est aussi ne pas se retourner quand on nous klaxonne parce qu'on nous klaxonne tout le temps (oui, encore les satanés klaxons!).

    Devenir Dakarois, c'est aussi manger comme un Sénégalais, c'est-à-dire un thiebou diene, le plat traditionnel sénégalais composé de poisson servi sur du riz en sauce. En fait, je pourrais dire que le riz est le plat sénégalais par excellence : tout le monde en mange tout le temps. En wolof, thieb veut dire riz. Toutes les variantes sont alors possibles.



    La vraie façon sénégalaise de manger est de servir le mets dans un grand plat où tout le monde pige dedans soit avec une cuillère ou simplement avec les mains. Je me rappelle la première fois que j'ai mangé un plat de poisson grillé avec mes amis du Village des Arts. Je ne suis pas dédaigneux, mais pas loin!



    J'aime bien aussi boire pour l'apéro une bonne Gazelle, la bière par excellence de l'Afrique de l'Ouest, toujours servie avec un petit plat d'arachides.

    Vivre comme un Dakarois, c'est dîner (souper) tard le soir vers 22 h et aller voir des concerts. Il y en a partout, et ce, jusqu'au petit matin.

    Mais ce que je préfère ici, c'est de prendre le thé Ataya avec des amis. Le thé Ataya se prend en trois doses de plus en plus sucrées. Prendre le thé, ici, c'est prendre le temps de discuter, de se raconter la journée, il faut normalement compter de deux à trois heures.

    Être Dakarois, c'est se plaindre des coupures de courant journalières, car ici, on ne sait jamais quand il va y avoir de l'électricité. Chez nous, on parle de la météo, mais ici, comme il fait soleil tout le temps (je n'ai pas vu une goutte de pluie depuis mon arrivée), les gens parlent des coupures, qui sont omniprésentes.

    Devenir Dakarois, c'est aussi être un partisan farouche et obsédé de la lutte. La lutte au Sénégal, c'est le sport national, et les gens en sont complètement gagas. Voici un petit montage que j'ai fait de mes deux expériences en tant qu'amateur de lutte (voir au bas de la page). J'ai assisté à un match dans un village, et aussi dans un stade en ville avec mon beau-père parmi les banlieusards dans la section non couverte. Par la suite, des amis m'ont dit que j'ai été chanceux de ne pas m'être fait agresser.

    La semaine prochaine, je vous parle des festivals que j'ai vus, du Village des Arts et du fait d'être une minorité très visible pour la première fois de ma vie.