(La Presse Canadienne et Getty Images)Dans son billet du 20 mai dernier, intitulé «Le carré de la honte», la chroniqueuse dit ceci :
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« (…) je trouve que c’est un bien désolant spectacle que nos chicanes de famille soient exposées ainsi au festival international de Cannes. Le délégué général du festival, Thierry Frémaux, s'est tout de suite demandé ce que pouvait vouloir dire ce petit carré rouge que lui tendait son jeune prodige, Xavier Dolan.»
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Puis elle ajoute: «Dommage que le jeune Dolan ne se rende pas compte, du haut de son génie, qu’il crache dans la soupe qui le nourrit. Conspuer les modèles capitalistes, en grignotant des petits fours avec le gratin cinématographique, n’est-ce pas anti-carré rouge ?»
Des propos qui n’ont évidemment pas plus au jeune réalisateur qui a répliqué par une missive incendiaire publiée ici:
«Quand j’ai pris la rue, je l’ai fait sous le sentiment de prendre part à quelque chose de plus vaste qu’une protestation contre la question scolaire. Je l’ai prise, la rue, pour donner mon soutien aux étudiants, mais aussi pour manifester contre absolument tout du gouvernement de Jean Charest, et que les étudiants peuvent, sans être opportunistes, s’approprier — ce tout — pour étayer comme bon leur semble l’argumentaire de leur posture politique.»
Il ajoute:
«En ce qui me concerne, je répondrai à Isabelle que j’ai payé de ma poche mon premier film, avec l’aide magnanime de ma famille, mes amis, mes collègues, et quelques bonnes gens qui croyaient en moi. J’ai payé le suivant des maigres profits de l’autre — sans, volontairement, le déposer auprès de l’État — et me suis vu allongé de l’argent par de généreux investisseurs envers qui je suis encore, à ce jour, endetté. Le troisième, après deux invitations à Cannes, a reçu, oui, l’aide de l’État, et une aide plus qu’appréciable, je dois dire. Mais j’ai dans cette oeuvre investi une partie de mon salaire à nouveau, sur laquelle j’ai payé de l’impôt, comme tout le monde. Il me reste à présent 13,000 dollars dans mes poches jusqu’à mon prochain contrat d’acteur ou de réalisateur. Je n’ai pas l’assurance pécuniaire d’une animation quotidienne à la radio, mais j’assume les choix que j’ai fait, et mène un train de vie agréable. Ça ne m’empêchera jamais, ô grand jamais, de prendre la rue pour défendre une idée sous le prétexte d’être un peu trop riche pour la penser, la dire, la crier. Et si à quarante quelques années passées, c’est ainsi que Maréchal conçoit le devoir politique et social, grand bien lui fasse : qu’elle reste dans son salon et qu’elle appelle les boeufs quand elle trouvera qu’on chante trop fort. Car comme aurait dit la chanson de Jacques Brel, “quand Isabelle dort, plus rien ne bouge.”
