J’ai beaucoup aimé J’ai tué ma mère, le premier long métrage de Xavier Dolan. Je n’ai pas accroché sur Les amours imaginaires et sa dernière œuvre, Laurence Anyways, me laisse un peu sur ma faim. Hier soir je discutais du film avec ma bonne amie transsexuelle Michelle Blanc qui, elle aussi, n’a pas été impressionnée par cette nouvelle histoire proposée par le jeune réalisateur.
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Laurence Anyways est avant tout une histoire d’amour atypique qui se déroule durant une décennie débutant en 1989 et se terminant en 1999. L’idée du scénario est ingénieuse, car on suit le parcourt de Laurence, un professeur de littérature de Cégep interprété avec brio par Melvil Poupaud, qui décide de changer de sexe pour suivre l’essence de son âme.
Suzanne Clément, troublante de vérité, interprète la conjointe de Laurence qui, par amour, tente désespérément d’accompagner son conjoint dans sa transformation.
Il y a plusieurs bonnes trouvailles dans sa réalisation, mais le jeune réalisateur répète à chaque film les mêmes mécanismes.
Dans Laurence Anyways, on a droit à une multitude de scènes au ralenti qui cristallisent l’émotion des personnages. Les moments les plus réussis sont les scènes sobres où le jeu d’acteur est mis de l’avant.
«Less is better», comme disent les Américains. Xavier Dolan devra privilégier une certaine sobriété s’il veut gagner un plus large public.
À qui s’adresse Laurence Anyways? À des amoureux de film d’auteur. C’est un film trop long qui dure 2h39, à qui on aurait pu facilement amputer une heure complète.
Le propos de ce long métrage est grand, le scénario un peu décousu, la réalisation surfaite. Xavier Dolan possède un réel talent, mais un peu d’encadrement et moins de flafla lui permettraient de se hisser en compétition officielle à Cannes.
EN VIDÉO | Le tapis rouge de Laurence Anyways:
