ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    Le blogue Cinéma de Y! Québec

    «Starbuck» aux États-Unis: message à Ken Scott

    Ainsi donc, c’est à Ken Scott lui-même que reviendra la tâche de scénariser et de réaliser le remake américain de son propre film, Starbuck. De mémoire, il s’agit d’une première pour un réalisateur québécois, voire non américain.

    Le privilège est d’autant plus digne de mention, du fait que ce n’est rien de moins que le géant DreamWorks qui a pris Scott sous son aile (ou les «studios de Spielberg», comme se plaisent à dire certains quotidiens, même si celui-ci n’en est qu’en partie propriétaire – il faut croire que le nom est plus vendeur que la compagnie).

    Si je lui souhaite le plus grand succès, je ne peux m’empêcher de mettre Scott en garde contre l’univers dans lequel il s’apprête à être aspiré. Le vote de confiance est certes flatteur, mais je peux difficilement croire que la machine hollywoodienne, rodée au quart de tour pour la production de hits, sera encline à laisser entièrement la voie libre à un scénariste et réalisateur aussi connu là-bas qu’un gagnant de Star Académie.

    Je ne puis qu’insister auprès de lui pour qu’il lutte contre toute tentative abusive d’ingérence dans le projet, et qu’il impose le plus possible sa propre vision d’auteur. Sinon, on risque de se retrouver avec un film gonflé aux hormones, dans lequel un agent secret découvre qu’il est le géniteur de 2637 enfants répartis dans tous les pays du monde, alors que la mafia russe au grand complet est à ses trousses et qu’il doit en plus prendre soin d’un extraterrestre durant la Seconde Guerre mondiale. Ou quelque chose du genre.

    Au moins, sachant que les Américains on pris la peine de voir le film et de laisser Scott retravailler son scénario, on peut être rassurés que Starbuck ne portera pas sur un mezzo latté en manque de crème fouettée. Je souhaite simplement que le film version US conserve cette authenticité et ce souci d’humaniser les situations qui ont séduit tant de québécois. Un succès similaire au sud de la frontière sera alors, pour Ken Scott, sa plus grande séduction.