À Hollywood, que fait-on avec le réalisateur de l’un des plus gros désastres financiers de l’année, sinon de l’histoire? Simple: on lui confie les rênes de la suite de l’un des plus gros succès du cinéma d’animation.
C’est ce que vient de constater Andrew Stanton, l’homme derrière le formidable bide John Carter, dont les services ont été retenus pour réaliser une suite au méga-canon de Pixar Finding Nemo.
Or, la première question qui me vient à l’esprit suite à une telle annonce est: pourquoi?
Pourquoi produire un second volet à un film qui non seulement frôlait la perfection, mais dont le récit était d’ores et déjà fort bien bouclé, si ce n’est qu’à des fins purement pécuniaires? Petite nouvelle pour vous, mes amis chez Pixar: vous savez, ce fameux Nemo qu’il fallait trouver? Eh, bien, c’est fait. Il n’est plus perdu. S’il échappe encore une fois à la surveillance de son père, c’est la DPJ qu’il faudra mettre sur le dossier…
Serait-on à ce point en panne d’inspiration dans la boîte à pixels qu’il faille constamment chercher à exploiter des succès du passé? Pourtant, on aurait dû tirer une leçon de Cars 2, première fausse note de l’illustre pixarographie, non?
Il semblerait que non, puisqu’en plus de retrouver Nemo, on retrouvera aussi les personnages de Monsters Inc. en 2013 (je fais ici exception de Toy Story, dont le sujet se prêtait fort bien à une trilogie conclue de façon magistrale).
Au moins, on s’est assuré d’un certain sceau de qualité quant au potentiel de succès de l’initiative, Stanton étant le maître d’œuvre du premier opus de ce qui demeure le second plus grand succès de la prolifique maison d’animation. Un retour aux sources pour le réalisateur qui contribuera sans doute à faire oublier sa désastreuse incursion dans l’univers du live action…
Et puis, je l’avoue, j’éprouverai sans doute un certain plaisir à retrouver le personnage de Dory, brillamment incarné par Ellen DeGeneres et, à mon avis, le plus drôle de tous ceux imaginés par Pixar.
N’empêche, je sais d’expérience qu’il est très (trop) rare que la magie opère avec autant d’efficacité une seconde fois, d’autant plus que l’ingrédient principal d’une telle magie ne peut, par définition, être véritablement reproduit : l’originalité. Or, Finding Nemo est justement un film totalement original, inventif et bourré de trouvailles et de fraîcheur que, selon moi, même les meilleures intentions ne parviendront à reproduire.
J’encourage donc les génies chez Pixar à privilégier plutôt le même type d’inventivité qui a fait la marque de commerce de l'entreprise en cherchant à réinventer le genre plutôt que ses succès antérieurs, question d’éviter qu’une autre de leurs aventures se termine en queue de poisson…
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