Le récit du très attendu et très (trop?) médiatisé Hunger Games, qui prend l’affiche vendredi, se déroule dans un univers post-apocalyptique inquiétant, où la télé-réalité est poussée à l’extrême et où la population est condamnée à vivre dans la peur, la dictature et le pessimisme.
Si le scénario se démarque par son originalité (la critique officielle du film suivra sous peu), il ne s’agit certes pas de la première fois où on dépeint à l’écran un futur plus ou moins rapproché, dans lequel une dose de réalisme injectée à la science-fiction sert de métaphore à un phénomène de société contemporain. Les trois titres suivants en sont la preuve éloquente:
Gattaca (1997): La manipulation génétique est au cœur du film d’Andrew Niccol, alors que la qualité de vos gènes détermine votre destin professionnel et personnel. Soit vous comptez parmi l’élite à qui tous les rêves (dont celui de voyager dans l’espace) sont permis, soit vous êtes condamné à pourrir au bas de l’échelle sociale. Le principal protagoniste (Ethan Hawke) tentera de berner le système, avec tous les risques que cela comporte. Un suspense à la fois intelligent et captivant.
Blade Runner (1982): Le précurseur d’une vision sombre et sinistre de l’avenir maintes fois imitée mais jamais égalée. Le Los Angeles de 2019 (soit dans seulement 7 ans!) tel qu’imaginé par l’auteur Philip K. Dick et transposé à l’écran par Ridley Scott, est un endroit où la lumière des panneaux publicitaires électroniques omniprésents se reflète dans les eaux d’une pluie incessante, et où la technologie rend désormais possible la fabrication d’êtres synthétiques en tous points comparables aux humains. Difficile à croire aujourd’hui que ce classique de la science-fiction fut accueilli plutôt froidement à sa sortie. Un incontournable.
Minority Report (2002): Une autre œuvre du prolifique et visionnaire Philip K. Dick, cette fois portée à l’écran par un Steven Spielberg au sommet de sa forme. Ici, l’action se déroule à Washington en 2054, alors qu’une fusion entre la technologie et les dons de clairvoyance permet désormais de prévoir les crimes à l’avance et d’arrêter les coupables avant même qu’ils aient pu commettre leur méfait. Or, le policier intègre qu’incarne Tom Cruise se voit tout à coup accusé d’un éventuel meurtre, chose qui n’est même pas l’ombre d’une possibilité dans son esprit, et se voit forcé de déjouer un futur semblant irréversible afin de prouver son innocence. Par souci d’authenticité, Spielberg a réuni autour d’une table diverses sommités mondiales de la science et des technologies, en leur demandant d’imaginer avec le plus grand réalisme possible à quoi pourrait ressembler notre monde en 2054. Résultat: un mariage souvent réussi entre la science et la fiction.

