ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    Le blogue Cinéma de Y! Québec

    Rôles inversés

    Laurence Anyways, le prochain long métrage de Xavier Dolan qui prendra l’affiche à compter du 18 mai prochain, aborde avec grand sérieux le sujet délicat de la transsexualité et du désir d’un homme de devenir femme. L’an dernier, toujours dans un registre à des lieues de la légèreté, Glenn Close jouait, pour les besoins du film Albert Nobbs, une femme contrainte de se faire passer pour un homme afin d’obtenir un emploi de majordome.

    Il s’agit là d’un constat assez exceptionnel, puisqu’historiquement, les transsexuels, travestis et autres personnes davantage à l’aise dans la peau du sexe opposé ont rarement eu droit, au cinéma, à un traitement empreint de sensibilité et d’authenticité. Comme si le sujet suscitait un certain malaise, on a la plupart du temps préféré jouer la carte de la comédie.

    En voici d’ailleurs cinq exemples éloquents:

    Dustin Hoffman, dans Tootsie
    1. Tootsie (1982): Sans doute l’un des, sinon le meilleur de sa catégorie. Dustin Hoffman excelle en acteur au chômage contraint de se travestir pour obtenir un rôle dans un soap américain – rôle qui, contre toutes attentes, fera de lui une grande star. Drôle, touchant et toujours aussi efficace trente (!!) ans plus tard.

    2. The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert (1994): Une autre belle réussite, celle-là gracieuseté de l’Australie. Ce road movie qui amène trois drag queens à traverser le désert en bus pour aller livrer une performance sur scène est un véritable bijou, qui parvient à doser avec beaucoup d’aisance l’humour et l’émotion. Et les costumes sont hallucinants.

    3. Mrs. Doubtfire (1993): Robin Williams doit se déguiser en femme afin de pouvoir obtenir un emploi de bonne chez lui – et ainsi demeurer près de la famille de qui il vient de se séparer. Une espèce d’Albert Nobbs inversé mais peu inspiré, au sentimentalisme mielleux et aux maquillages rudimentaires (Meryl Streep en Dame de fer témoigne des incroyables progrès accomplis depuis).

    4. La Cage aux folles (1978): Michel Serrault la joue très, très caricaturale, mais le fait qu’il soit malgré tout parvenu à rendre sa Zaza attachante atteste de son grand talent. Un autre original tellement mieux réussi que son remake américain.

    5. To Wong Foo Thanks For Everything, Julie Newmar (1995): Le titre est plus long que la durée de vie du film en salles. Nul ne sait si le regretté Patrick Swayze a regretté d’avoir joué un travesti dans ce film dont le scénario de base est pratiquement copié-collé de Priscilla, Queen of the Desert.

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