(Mise en garde: le présent billet dévoile certaines scènes clés de films que des lecteurs n’auront peut-être pas encore vus. À lire à vos risques)
Comme je le mentionnais récemment, Men in Black 3 se déroulait avec entrain malgré ses défauts – jusqu’à ce que survienne, vers la toute fin, une scène qui a fait tomber les mâchoires tellement elle suscitait l’incrédulité.
L’agent K (Will Smith) et le méchant plongent vers une mort certaine, mais le bidule que K tient dans sa main lui permet de reculer dans le temps de quelques secondes. Tout va jusque-là. Sauf que… K est le seul qui semble avoir conservé en mémoire ce qui vient de se passer. Or, comment se fait-il alors que ses blessures subies avant de tomber aient disparu? Il n’y a que sa mémoire qui soit demeurée intacte? Et s’il peut retourner dans le passé, n’aurait-il pas pu aller plus loin en arrière, avant même se de retrouver face à face avec son ennemi?
Même si je me considère assez ouvert d’esprit et que je suis toujours prêt à accepter les conventions établies par un film (je sais que ça n’existe pas dans la vraie vie, un homme qui se transforme en gros géant vert quand il se fâche, mais j’embarque quand même), j’avoue que mon plaisir se met à fléchir de façon dramatique quand je me vois tout à coup tenaillé par des problèmes de logique ou une accumulation d’invraisemblances. Et comme vous pouvez le constater avec les cinq exemples suivants, ce genre de situation ne survient pas que dans les films popcorn ou de série Z:
Saving Private Ryan (1998): Cet incontournable de la filmo de Spielberg, si brillamment exécuté fût-il, comporte tout de même une grave erreur au niveau de sa structure narrative. Le film s’ouvre avec un vieil homme dans un cimetière, et lorsque la caméra s’approche de ses yeux, nous sommes transportés dans ses souvenirs de guerre – qui s’amorcent avec le débarquement de Normandie. Or, tous ces souvenirs n’ont aucun sens lorsqu’on apprend, à la fin, que le vieillard était en fait le soldat Ryan lui-même – qui n’a jamais vécu la quasi-totalité des événements dépeints dans le film, incluant le fameux débarquement.
The Godfather (1972): J’admets qu’il est difficile, lorsqu’on se retrouve devant la perfection de ce grand classique du cinéma, de s’attarder à de quelconques invraisemblances. Pourtant, je ne puis m’empêcher de m’interroger sur la logique de cette scène immortelle de la tête du cheval dans le lit. Celle-ci doit peser au moins une centaine de livres, si ce n’est plus. Or, comment est-on parvenu, dans ce palace aux allures de forteresse, à non seulement trancher la tête du pauvre animal dans son box, mais à la transporter incognito jusque dans la chambre du producteur sans laisser aucune trace? Il faut croire que la loi de l’omertà s’applique aussi aux scènes-chocs…
Up (2009): Misère. Où commencer? Un vieillard qui peine à se déplacer avec une canne, mais qui parvient, en une seule nuit, à gonfler et attacher des milliers de ballons sur sa maison? Le fait que tous ces ballons soient attachés sur la grille de son foyer vissée au plancher? Ou qu’il voyage, encore en une seule nuit, des États-Unis à l’Amérique du Sud – pour aboutir exactement à l’endroit de ses rêves? Ou cet acteur des années 30 qui semble n’avoir pris aucune ride et qui a réussi, seul au fond de sa grotte, à inventer une technologie qui fait parler les chiens? Rien qu’à y repenser, j’en ai le tournis…
Super 8 (2011): Si prometteur, si décevant. Ce que ce premier effort du tandem Spielberg-JJ Abrams nous apprend, entre autres, c’est que la créature se cache dans un immense réseau de grottes et tunnels souterrains qu’elle a elle-même creusés, et dont l’orifice se trouve à l’intérieur d’un hangar abandonné. Or, où au juste a-t-elle mis toute cette terre qu’elle a évacuée de son repaire? Elle a disséminé les grains de sable à la main au fur et à mesure? Come on.
Superman (1978): Va pour un homme capable de voler à la hauteur et à la vitesse qu’il veut. Mais faire reculer la terre pour faire reculer le temps? N’assisterait-on pas plutôt à un mouvement antigravitationnel qui aurait pour effet de projeter dans l’espace tout ce qui recouvre la planète – incluant nous, pauvres humains?
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