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    «Prometheus»: une seconde opinion

    S’il y a une chose que je retiens de mon expérience avec Prometheus, c’est que le film offre une solide mise en garde contre les attentes trop élevées. Celles que l’on s’impose à soi-même, bien sûr, mais aussi celles créées par une surmédiatisation et la promotion à outrance de ce qui n’est après tout qu’un simple (et bref) divertissement.

    Vous me direz qu’avec Alien comme point de référence, la barre était déjà passablement haute. Mais avec le créateur visionnaire de ce chef-d’œuvre à la barre du nouvel opus, il y avait lieu d’espérer un miracle, non? En bien, considérez mes espoirs comme étant déçus.

    Je m’attendais à beaucoup de choses de ce Prometheus, mais certainement pas à m’ennuyer. Le film semble n’être qu’une interminable mise en situation qui n’aboutit vraiment jamais à une véritable propulsion ou, à tout le moins, une quelconque tension soutenue.

    Oui, certains tableaux sont spectaculaires et les effets sont généralement irréprochables. Mais comme c’est trop souvent le cas, la technologie ne parvient pas à masquer un scénario sans relief qui semble tourner en rond et promettre sans jamais livrer la marchandise.

    Loin d’être mémorables, les personnages ne sont ici que des accessoires qui servent à déblatérer des discours mystico-philosophiques, ou à débiter des banalités du genre «Mais qu’est-ce que c’est que ça?» ou «Il faut sortir d’ici!» Noomi Rapace, si brillante en Lisbeth Salander dans Millenium, ne parvient certainement pas à nous faire oublier la féroce intensité de Ripley. Et l’androïde de Michael Fassbender? Disons qu’on s’ennuie de Bishop.

    Prometheus s’attarde sur la Grande Question quant aux origines de la vie sur Terre. Ma grande question à moi, c’est: aurait-on pu couper sur les innombrables scènes de portes coulissantes qui coulissent et de gens qui pitonnent sur des pitons, pour y substituer un ou deux moments de réelle surprise?