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    «Pi» après?

    (Twentieth Century Fox)Juste avant le visionnement de Prometheus, du moins dans certaines salles, le public a droit non pas à une bande-annonce, mais plutôt à une longue séquence ininterrompue du film Life of Pi (Histoire de Pi), qui prendra l’affiche en novembre prochain.

    Comme plusieurs le savent sans doute, le récit est inspiré du roman de l’auteur québécois Yann Martel, un grand succès international récipiendaire de nombreux prix. La matière de base s’avère donc passablement riche, ce qui convient idéalement à un réalisateur de la trempe d’Ang Lee, à qui l’on doit notamment l’excellent Brokeback Mountain (mais aussi, malheureusement, la première apparition de Hulk au grand écran).

    Mais une telle séquence suffira-t-elle pour mettre l’eau à la bouche des cinéphiles en faveur de Life of Pi?

    Évidemment, on ne saurait se prononcer définitivement sur la réussite de l’entreprise avant d’avoir vu le produit final. Ang Lee était certainement conscient de l’envergure du défi qu’il aurait à relever. Après tout, on parle ici d’une histoire mettant en vedette un jeune naufragé et un tigre, qui se déroule presque entièrement sur un radeau de sauvetage. Bien hâte de voir comment Lee parviendra à contourner l’obstacle d’une narration qui, dans le livre, prend sa source dans la tête du principal (et pratiquement unique) protagoniste.

    C’est surtout l’aspect visuel de l’extrait présenté qui suscite une certaine réserve. Debout dans sa petite embarcation au beau milieu de l’océan, notre jeune héros (Suraj Sharma) tente tant bien que mal de se défendre contre son unique compagnon de fortune, un immense tigre. Soudain, il se met littéralement à pleuvoir des poissons volants, la chaloupe se remplit peu à peu, et c’est la guerre à savoir qui parviendra à conserver le plus gros poisson.

    Tout cela est plutôt impressionnant… mais techniquement peu convaincant. De toute évidence, on a affaire ici à un gros numéro d’effets numériques et rien, à part peut-être le jeune comédien, ne semble véritablement authentique. Ni le tigre, ni les poissons, ni l’horizon. Tout fait très… gros écrans verts dans un immense studio rempli d’eau. En fait, la facture logicielle du produit final est telle qu’on semble à quelques pixels de Pixar.

    Peut-être était-ce le résultat voulu. Peut-être qu’on cherche ici à souligner le caractère fantaisiste et quelque peu irréel de la situation. Ou peut-être que, comme il l’a tristement prouvé avec Hulk, Ang Lee excelle davantage dans la mise en scène que dans la production d’effets numériques convaincants.

    En espérant que mes premières impressions changent radicalement à la sortie du film…