
En fait, la question que l’on se pose à la sortie de ce navrant effort, c’est : comment le génie derrière des chefs-d’œuvre comme Annie Hall ou Manhattan (et dont le précédent Midnight in Paris s’est avéré le plus grand succès de sa carrière au BO) a-t-il pu produire un tel navet?
To Rome With Love n’est pas tant un film qu’une série de vignettes mal assemblées qui ne parviennent ni à séduire, ni à faire rire. Il y a d’abord cet architecte (Alec Baldwin) qui, pour des raisons totalement inexpliquées, semble quitter le monde réel pour devenir la voix de la conscience d’un jeune étudiant et de la femme frivole dont il s’éprend (Jesse Eisenberg et Ellen Page, seuls rayons de lumière dans ce lugubre naufrage).
Et ce monsieur Tout-le-Monde (Roberto Benigni) qui, pour des raisons totalement inexpliquées, devient tout à coup une célébrité adulée (tentative de dénonciation du culte de la célébrité complètement ratée par Allen). Et aussi ce couple de jeunes mariés qui succombe tour à tour à la tentation de l’adultère, dans une série d’imbroglios dignes d’un sketch de Marcel Gamache.
Et enfin, il y a cet imprésario à la retraite (Allen, incapable de se mettre ne serait-ce qu’une seule réplique mordante sous la dent), qui flaire la bonne affaire en découvrant qu’un embaumeur s’avère un brillant ténor – mais uniquement lorsqu’il chante sous la douche.
On aura beau s’émerveiller devant la beauté des images de Rome, filmée ici avec le même soin apporté à une brochure touristique, rien ne peut atténuer cette désagréable impression d’avoir perdu deux heures de sa vie. To Rome With Love n’est pas seulement l’une des œuvres les plus lamentables du canon Allenien, c’est aussi l’un des pires films de l’année, rien de moins. Peut-être le temps est-il venu pour notre cher Woody de quitter l’Europe et retourner To New York… With Love?
