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    Notre critique: «The Dark Knight Rises»


    Christopher Nolan est un cinéaste au talent extraordinaire, qui ne sous-estime pas l’intelligence du public et qui n’hésite donc pas à lui livrer des récits à la fois complexes et ambigus qui sollicitent la matière grise. Et The Dark Knight Rises, troisième et dernier volet de sa trilogie sur celui que l’on surnommait jadis Batman, ne fait certes pas exception.

    Après huit années de réclusion qu’il s’est lui-même imposée dans son vaste manoir, Bruce Wayne (Christian Bale) se voit forcé de revêtir à nouveau son masque et sa cape après l’arrivée à Gotham City d’une immense force destructrice appelée Bane (Tom Hardy), un dérangé lui aussi masqué qui menace de faire sauter la ville, rien de moins.

    À ce sombre cocktail ou s’entrecroise une galerie de personnages s’ajoute celui de Selina Kyle (Anne Hathaway), une cambrioleuse qui prendra bientôt les traits d’une célèbre femme-chat (le film ne fait jamais référence au véritable nom de Catwoman).

    Or, malgré un souci évident d’élever encore une fois la barre et d’en mettre plein la vue, sans jamais dévier de cette sombre intensité qui caractérise la série de Nolan, force est d’admettre que, justement, la barre était déjà un peu trop haute. Les enjeux plus graves et catastrophiques que jamais, les gadgets plus tape-à-l’œil, le sort plus précaire de Bruce Wayne: tout cela ne parvient pas vraiment à nous faire oublier le remarquable Joker de Heath Ledger, ou le fait que The Dark Knight était une œuvre magistrale et quasi sans failles.

    Cela ne signifie pas pour autant que TDKR soit un mauvais film (chose dont Nolan semble de toute façon incapable de livrer). On peut certes lui reprocher une trentaine de minutes de trop et quelques raccourcis scénaristiques un peu trop accommodants (comment Bruce Wayne s’est rendu de ce qui semble être le Moyen-Orient à Gotham en si peu de temps, on ne le saura jamais). N’empêche, dans un paysage cinématographique estival plus navrant qu’emballant (à date), le film est définitivement dans une classe à part.

    Un candidat aux prochains Oscars? Probablement pas (quoique je serais fort heureux d’une nomination pour Michael Caine, qui rend ici son Alfred plus humain et touchant que jamais). Mais on a définitivement passé de moins bons moments au cinéma cet été (je m’adresse à toi, Dark Shadows).

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    L'opinion de Martin Morin

    Memento, The Prestige, The Dark Knight, Inception… on ne peut pas dire qu’on s’attend à rester sur sa faim en visionnant un film de l’enfant chéri de Hollywood Christopher Nolan.  Seule déception au tableau : Insomnia (Robin Williams et Al Pacino), le seul de sa liste dont il n’a pas participé au scénario.

    Nous ne ferons pas ici un «combat épique de critiques», nous avons vu le même film et… nous avons vu le même film.   Ambitieux par ses images (une scène d’ouverture aérienne mémorable), ses gadgets et le nombre de personnages mythiques de l’univers Batman (non, il n’y a pas que Catwoman, Bane et Ra’s Al Ghul…), le film semble souffrir de cette pression d’une conclusion à la hauteur de la trilogie.  Un piège qui pardonne rarement – parlez-en à Peter Jackson et à son Return of the King qui ne finissait plus de finir.

    Est-ce que TDKR est pour autant raté, évidemment que non.  Habitués au rythme soutenu des films de Nolan, on se promène ici dans une véritable montagne russe dont les freins manquent un peu d’huile.

    Il faut vraiment, vraiment être très permissif pour laisser passer toutes les invraisemblances – oui, même avec la nature du film.   Parfois trop courtes, parfois beaucoup trop longues, les scènes mises bout à bout nous donne un résultat satisfaisant, certes, mais ponctué de trop nombreux «oui,  mais comment…» pour ressortir de la salle avec un sourire fendu d’une oreille à l’autre.       

    Trop, c’est comme pas assez.   Dites-le d’ailleurs à Hans Zimmer, dont la musique noie littéralement le film à quelques occasions.   Et on vous laisse débattre entre vous à propos de la voix de Bane…

    Remerciements soutenus à Christopher Nolan pour avoir réussi à redorer le blason d’un personnage complexe comme Batman, et de nous avoir fait oublier les films honteux de Joel Schumacher (Val Kilmer et George Clooney, ne vous rappelez pas).

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