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    Notre critique: «Prometheus»

    Trente ans après Blade Runner, un tiers de siècle après Alien (toujours inégalé dans la série), Ridley Scott fait un retour dans un genre qu’il a profondément marqué: la science-fiction. Si Prometheus n’est pas le grand film espéré, on peut dire qu’il était attendu.


    La puissante machine qui a alimenté les espoirs de plus d’un amateur du genre a roulé au quart de tour depuis des mois, grâce notamment à un site web pointu sur les activités de la (future) entreprise Weyland et une publicité convaincante pour leur androïde, David, 8e mouture du nom.

    Weyland? Androïde? Ce qui était annoncé au départ du projet comme un prequel officiel d’Alien a perdu un peu de ses ambitions en cours de route. Au su des attentes qu’un tel énoncé soulevait, l’équipe Scott a tenu à rapidement rectifier les faits. Prequel d’Alien, oui mais...

    Dans une planète Terre pas si lointaine, une équipe de scientifiques découvre un lien commun entre différentes civilisations ayant habité notre planète bleue dans différentes périodes de l’Histoire : la représentation de sphères dans le ciel et la présence de géants. Cette introduction ne prend que quelques minutes et hop, nous voici dans le vide intersidéral à bord du vaisseau Prometheus. Disons qu’on ne perd pas de temps à se lancer dans l’action.  Nous ne sommes clairement pas dans 2001 A Space Odyssey

    Le richissime Peter Weyland (Guy Pearce, au visage caoutchouté pour l’occasion) finance le voyage dont le but «officiel» est de découvrir une civilisation qui serait à l’origine de la vie terrestre; quête la plus importance de la race humaine, il va de soi. Évidemment, rien ne se passe comme prévu une fois arrivé sur place. 

    Réalisateur ambitieux, Ridley Scott a fait dans les extrêmes, du très bon (Blade Runner, Thelma and Louise) à l’infect (G.I. Jane) en passant par le drabe (Robin Hood).  Il reprend dans Prometheus la recette qui a fait de la série Alien le succès que l’on sait. On a donc au menu: exploration dans des couloirs mal éclairés, formes de vie insoupçonnées, disparitions soudaines de personnel, course contre la montre, etc. Et, bien sûr, la femme de tête, interprétée cette fois par Noomi Rapace (Millenium).

    Prometheus tente de répondre (très et trop) rapidement à certaines questions laissées en suspend dans le film original de 1979: d’où provient le vaisseau retrouvé par l’équipage du Nostromo sur la planète LV-426?  Et pourquoi avoir transporté une telle cargaison? Ceux qui espèrent ressortir de la salle avec une liste de réponses noir sur blanc seront déçus, car le film se veut avant tout un véritable festin visuel, et sur ce point c’est une réussite.

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    La direction photo de Dariusz Wolski (Pirates of the Caribbean, Alice in Wonderland) est époustouflante.  Ceux qui ont adoré l’univers de l'artiste HR Giger – à qui l’on doit le look du film de 1979 – se régaleront.  Et qui d’autre que Michael Fassebender aurait pu interpréter à la perfection un androïde aussi froidement humain?

    Si vous décidez de voir Prometheus, faites-vous le plaisir de sortir et de le voir en salles.  Amenez toutefois des bouchons d’oreilles, car la musique absolument sirupeuse de Marc Streitenfeld vous fera regretter de ne pas souffrir d’otites sévères. 

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