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    Notre critique: «Hope Springs»

    (IMDb.com)
    Le film Hope Springs (L’Espoir est à Hope Springs en VF) est la preuve en 24 images/seconde que saison estivale et divertissement pour adultes ne sont pas mutuellement exclusifs. Voilà un film qui aurait fort bien pu trouver sa place quelque part en octobre ou en mars, et il faut saluer la décision de Sony Pictures de chercher plutôt à satisfaire l’appétit d’un segment du public cinéphile cruellement négligé entre mai et septembre.

    Kay (Meryl Streep), bien installée dans la soixantaine, n’en peut plus de vivre sa relation avec son mari Arnold (Tommy Lee Jones) comme si tous deux n’étaient que des colocataires usés et platoniques. Dans un ultime effort pour donner un second souffle à son mariage, elle entraîne Arnold à Great Hope Springs, dans le Maine, afin de consulter, durant une semaine, un éminent psychologue spécialisé dans les vieilles relations de couples où l’on coexiste davantage que l’on se conjugue.

    C’est tout. Et c’est excellent.

    Oubliez les situations caricaturalement cocasses ou le mélo mielleusement appuyé. On a affaire ici à ce que l’on pourrait qualifier de comédie psychologique, où la comédie est dosée avec modération et la psychologie est empreinte d’authenticité.

    Le tout repose sur les épaules d’un trio d’acteurs qui font honneur à leur art. On sait déjà que Meryl Streep peut nous extirper une larme en lisant les Pages jaunes, et son magnifique talent est manifesté ici tout en retenue et en subtilités. C’est fou ce que cette femme parvient à exprimer avec un simple geste de la main ou un fléchissement de la tête.

    Tommy Lee Jones, trop souvent utilisé pour des rôles unidimensionnels, est tout à fait brillant en vieux grincheux rouillé et tellement enraciné dans un quotidien qui croise à peine celui de sa femme, qu’il a fini par se faire croire qu’il vivait une relation tout à fait normale.

    Mais celui qui surprend surtout, c’est Steve Carell, l’un des meilleurs comédiens de sa génération. Pour une rare fois (la première?) dans sa carrière, il joue ici sur un registre strictement sérieux, sans aucune intention de faire rire. Ce qui rend son psychologue, le Dr Feld, tout à fait crédible. Une crédibilité qui s’étend à l’ensemble du film et aux dialogues jouissifs que tous semblent déguster avec grand plaisir.

    Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Hope Springs n’est pas un film qui ne s’adresse qu’aux détenteurs d’une carte de l’âge d’or. Au contraire, il parvient à faire réfléchir les couples de tout âge sur ce qui peut les attendre plus tard, si on se laisse trop aller à la routine… et à la dérive.

    Et puis, si vous vous accordez le plaisir d’aller voir le film, vous pourrez apprécier un excellent gag sur Montréal et, si vous êtes fin observateur, vous saisirez aussi sans doute un clin d’œil à la filmo de Carell lors de la projection… d’un certain film français.

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