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    Le blogue Cinéma de Y! Québec

    Notre critique: «Chernobyl Diaries»

    La tragédie survenue à la centrale de Tchernobyl, en Russie, constitue l’une des pires catastrophes nucléaires de l’histoire. Suite à l’explosion d’un des réacteurs, plus de 200 000 personnes ont été forcées de quitter, en quelques heures à peine, la ville voisine de Pripyat, pour ne plus jamais y revenir. Plus de vingt-cinq ans plus tard, les effets de la radioactivité continuent de faire des ravages, et Pripyat demeure une ville fantôme.

    Or, imaginez-vous que certains «génies» ont eu l’idée d’exploiter les conséquences de ce triste événement en faisant de Tchernobyl l’endroit tout désigné pour y camper un film d’horreur tout ce qu’il y a de plus conventionnel. Vraiment. Sérieux.

    Un groupe de jeunes Américains en visite en Russie décide se farcir une activité de «tourisme extrême» en laissant un guide les entraîner à Pripyat, question de vivre, pendant quelques heures, le kick de déambuler dans un endroit complètement isolé et laissé à l’abandon. On explore les lieux d’une horrible tragédie en rigolant. On rembarque dans la camionnette. La camionnette ne démarre plus. La nuit tombe. Puis, dans le silence absolu de l’endroit, des cris humains retentissent…

    Si l’on fait abstraction (chose difficile) de la nature bien réelle de l’endroit choisi, j’avoue que Chernobyl Diaries n’est pas un gâchis complet. Le caractère délabré et opprimant des lieux constitue une belle toile de fond à un film d’épouvante (le film a été tourné non pas à Pripyat même, mais en Serbie). Et quelques images provoquent un frisson, comme cette fillette immobile éclairée par une lampe de poche, que l’on n’aperçoit que de dos, en plein milieu de nulle part.

    Mais les défauts. Ah! Les défauts. Les protagonistes qui tombent l’un après l’autre, et qui se comportent de façon tellement ridicule que leur sort nous laisse de glace. Ces menaces nocturnes qui s’avèrent en fait des espèces de mutants/zombies radioactifs que l’on ne voit jamais en entier. Et, surtout, cette finale abominable (dans le sens aberrant du mot) qui ne mène nulle part et n’explique rien (Diaries? Quels diaries?).

    Le film a été produit et coscénarisé par Oren Peli (Paranormal Activity), à qui l’on doit aussi une autre erreur de parcours, soit la série télé The River. Peli devra faire preuve d’un peu plus de jugement dans le choix de ses projets à l’avenir, s’il tient à avoir une longue carrière.

    On dit que les Russes considèrent Chernobyl Diaries comme une insulte à la mémoire des victimes d’un désastre qu’ils ont encore à fleur de peau. J’ajouterais qu’il est aussi une insulte à l’intelligence.