Vous arrive-t-il parfois de vous installer devant un film en vous attendant à bien rigoler, pour plutôt avoir la désagréable sensation, après un moment, qu’il n’y a plus aucun espoir de voir ces attentes comblées? C’est précisément ce que j’ai vécu avec The Dictator (Le Dictateur en VF), le plus récent podium pour un personnage farfelu conçu et incarné par Sacha Baron Cohen.
Pourtant, j’avais tellement envie de rire. Et pourtant, je me suis tellement ennuyé…
Cette fois, Cohen troque le pseudo-docu à la Borat et Brüno pour la fiction pure, alors que son Amiral Général Aladeen, illuminé dictateur de la république imaginaire de Wadiya, se rend à New York pour livrer un discours devant les Nations Unies. Kidnappé à son arrivée, dépourvu de sa légendaire barbe et remplacé par une doublure par des méchants opportunistes qui veulent démocratiser son pays à des fins pécuniaires, le pauvre Aladeen tentera, à l’aide d’une jeune femme de qui (évidemment) il s’éprend, de sauver son honneur et son pays avant qu’il ne soit trop tard.
Absurde? Oui, mais pas dans le sens «Claude Meunier» du terme. Ni même dans le sens de Borat. Ou Brüno. En d’autres mots, pas drôle du tout. Ou si peu. Un ou deux gags parviennent à atteindre leur cible, et on savoure certes le sarcasme dégoulinant de Cohen lorsqu’il demande aux Américains d’imaginer comment leur pays gagnerait à être une dictature – pour ensuite leur balancer la réalité en pleine face (le 1% vs. 99%, le Patriot Act, la peur comme moyen d’enrichir les plus riches, etc.)
Malheureusement, il s’agit d’exceptions dans un ensemble qui ne lève tout simplement pas. La vulgarité et la grossièreté, qui sont les marques de commerce du comédien et de son complice de toujours Larry Charles, suscitent davantage l’indifférence ou le malaise que l’hilarité. Et même si ce genre de film n’est certainement pas caractérisé par l’étanchéité logique de son scénario, une certaine cohésion dans l’évolution du scénario n’aurait pas nui.
Moi qui espérais que The Dictator devienne le film le plus hilarant que j’aie vu cet été, me voilà bien déçu. Remarquez, je pourrai toujours me rabattre sur Battleship…

