Profitant de la sortie DVD le 20 mars de The Girl With the Dragon Tattoo, adaptation américaine du premier volet de la célèbre trilogie des romans Millenium de Stieg Larsson, l’adepte que je suis en profite pour livrer ici une brève comparaison entre la version de David Fincher et celle du cinéaste suédois Niels Arden Oplev:
Lisbeth Salander: Noomi Rapace ou Rooney Mara?
Si Mara est parvenue avec brio à éviter le piège de l’imitation pour livrer sa propre interprétation du mythique personnage, le fait demeure que, tout comme pour Marlon Brando en Don Corleone ou James Gandolfini en Tony Sporano, Rapace est à ce point saisissante dans son rôle qu’elle est devenue indissociable de l’anti-héroïne tatouée qu’elle incarne. La plus grande force du livre devient la plus grande force du film d’Oplev.
Mikael Blomkvist: Michael Nyqvist ou Daniel Craig?
Le personnage de Blomkvist manque de relief dans le roman, et Nyqvist, malgré un travail somme toute honorable, ne parvient pas réellement à le rendre beaucoup plus intéressant à l’écran. De son côté, Craig évite les pièges de James Bond et, malgré (ou grâce à) une certaine retenue, il se permet de manifester des émotions qui échappaient à son homologue suédois, et il devient donc plus facile de s’identifier à son Blomkvist.
Mise en scène: Fincher ou Oplev?
Si un tournage au cœur de l’hiver suédois gris et glauque rend les deux films pratiquement interchangeables en termes de décors et d’atmosphère, force est de constater que la version suédoise, du fait qu’il s’agissait au départ d’un téléfilm aux moyens modestes, peine à égaler la mise en scène plus rythmée et moins conventionnelle du non-conventionnel Fincher. Chacun à leur façon, Millenium et Tattoo transposent somme toute assez fidèlement à l’écran le récit imaginé par Larsson. Toutefois, le réalisateur de The Social Network parvient à insuffler à son film une dimension cinématographique qui intensifie le suspense, tout en maintenant un style et un ton davantage européens qu’américains.
Alors, louer la version US ou suédoise? J’aurais tendance à dire que chacune a ses forces et faiblesses, mais s’il vous faut faire un choix et que vous souhaitez visionner le film qui aura un impact plus durable, alors ma recommandation tient à deux seuls mots: Noomi Rapace.

