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    Le retour d’Arnold

    Pour ceux qui seraient trop jeunes pour s’en rappeler ou l’avoir vécu, il fut un temps ou Arnold Schwarzenegger était le maître de l’univers. Ou du moins, le maître incontesté des films d’action («maître de l’univers» est probablement ce que son ego démesuré lui laissait croire).


    Terminator 1 et 2, Predator, True Lies, Commando, Total Recall, The Running Man, Twins – durant les années 80, cette masse de muscles monosyllabique avait un tel flair pour les mégasuccès planétaires qu’on le croyait presque infaillible. Jusqu’à ce que le fiasco monumental que fut Last Action Hero en 1993 fasse apparaître les premières fissures à son invincibilité, et sa carrière s’est par la suite progressivement dégonflée comme un biceps sans stéroïdes.

    On connaît la suite de l’histoire. Loin de se laisser abattre, notre Arnie national a plutôt décidé de plonger dans un autre univers où l’image l’emporte sur la substance: la politique. Celui qu’on surnommait à l’époque le Governator s’est alors retrouvé au cœur de moult crises et scandales qui feraient certes un excellent film.

    Or, sachant qu’il ne pouvait briguer la présidence américaine, l’Autrichien d’origine a décidé de prendre sa retraite de la politique. Que peut faire alors un sexagénaire multimillionnaire dont toutes les ambitions semblent avoir été réalisées? De toute évidence, Schwarzenegger n’a pas pris beaucoup de temps à y réfléchir, puisque le public s’apprête à assister à son retour en terrain (très) connu.

    Peut-être n’avait-il d’autre choix que ce retour aux sources, mais toujours est-il que l’acteur apparaîtra dans pas moins de quatre films d’action au cours de la prochaine année. Il y a bien sûr la suite des aventures d’un commando gériatrique The Expendables 2, avec Stallone et cie.

    Tous deux font d’ailleurs à nouveau équipe dans The Tomb, et Schwarzie, qui tourne actuellement un polar intitulé The Last Stand, sera aussi la tête d’affiche de Ten, comme l’annonçait cette semaine The Hollywood Reporter.

    Personnellement, j’aurais bien aimé qu’Arnold joue le contre-emploi et troque le bazooka pour, je ne sais pas moi, un livre, tiens. Sans s’imaginer qu’il serait à sa place dans un film romantique, il me semble qu’il pourrait tâter les eaux d’un drame social davantage axé sur les relations humaines que la relation entre un poing et un visage sans trop se mouiller, non? Stallone s’en est d’ailleurs fort bien tiré dans Cop Land.

    Schwarzenegger semble miser gros sur le fait qu’un public qui en a davantage pour les vampires et les héros de BD l’accueillera à bras (et portefeuille) ouverts. Pas convaincu que rides, cheveux gris, accent et gros fusils font nécessairement bon ménage, mais on verra. Si sa tentative de retour en force échoue, il pourra toujours viser la présidence d’Autriche…

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