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    Le prix du billet plus cher que jamais

    (Getty Images)
    La nouvelle ne surprendra sans doute personne: le quotidien LA Times annonçait aujourd’hui dans ses pages que le prix du billet pour une entrée au cinéma a atteint cette année un sommet record, au Canada comme aux États-Unis.


    Les chiffres, publiés par la National Association of Theatre Owners, font état d’un coût moyen de 8,12 $ le billet pour le second trimestre de 2012, comparativement à 8,06 $ pour la même période l’an dernier.

    On s’étonnera certes du fait que ce montant ne reflète en rien ce que l’on doit habituellement débourser pour une séance au cinoche, en se demandant où on peut bien charger un tel prix d’entrée considérablement moindre que les quelque 12 $ qui sortent habituellement de nos poches. C’est que l’organisme effectue une moyenne générale englobant tous les prix d’admission, incluant les tarifs pour les enfants et l’âge d’or, ainsi que les mardis à rabais (note à la NATO: pourrait-on envisager une ventilation du calcul, question d’avoir une meilleure idée de la hausse spécifiquement attribuable à un billet pour adultes?).

    Ce n’est donc pas une illusion: il en coûte de plus en plus cher pour fréquenter les grandes salles obscures. Chose qui peut s’expliquer par divers facteurs ayant tous un point en commun: la lutte effrénée que livrent les propriétaires de salles, en cette ère où la technologie offre de plus en plus d’alternatives pour la consommation de produits cinématographiques, afin de maintenir l’intérêt d’un public en constante érosion.

    La conversion au numérique, le recours très (certains diront trop) fréquent au 3D, la multiplication des écrans Imax (tel que confirmé par le Hollywood Reporter) et la conversion de salles pour en maximiser le confort constituent autant d’initiatives visant à rappeler à l’auditoire que rien ne peut remplacer l’expérience unique de partager en collectivité le visionnement d’un film sur un écran géant.

    Or, de tels efforts, si louables soient-ils, ont invariablement un prix – et la facture doit invariablement être refilée, du moins en partie, au consommateur. D’où le paradoxe: on met le paquet pour attirer le public, mais en même temps on le rebute en grugeant une partie plus substantielle de son budget alloué au divertissement. Et ce, au moment où le format DVD (en voie d’extinction) se vend de moins en moins cher, et que les plateformes numériques comme iTunes et Netflix (elles aussi plus abordables, d’autant plus qu’elles ne requièrent pas de sortir de chez soi) gagnent de plus en plus en popularité.

    On peut donc conclure que l’industrie se trouve présentement à une croisée des chemins. Sans nécessairement prédire aux salles de cinéma le même sort qui attend le DVD, il est indéniable qu’une profonde réflexion et un ajustement s’imposent. Assistera-t-on éventuellement à une diminution du nombre de salles, à l’image des clubs vidéo? Ou à la disponibilité simultanée des nouveaux films sur toutes les plateformes, sachant que les vrais cinéphiles privilégieront toujours l’effet maximum procuré par une salle de cinéma, qu’aucun écran HD 57 pouces avec système de son surround ne parviendra à égaler?

    Autre conseil aux membres de la NATO: ne sous-estimez jamais la force d’attraction d’un produit de qualité pour générer un bouche à oreille positif… et attirer du monde dans vos salles…

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