ACTIVITÉ DE VOS AMIS

    Le blogue Cinéma de Y! Québec

    Le Arcand nouveau arrive


    Je l’admets sans réserve: je suis un inconditionnel de Denys Arcand. Non seulement Le Déclin de l’empire américain est-il le meilleur film québécois que j’aie vu, c’est aussi mon film préféré à vie, toutes catégories confondues.

    Même après une cinquantaine de visionnements, j’éprouve toujours un grand bonheur à replonger dans ce portrait aussi drôle que dérangeant de montréalais bourgeois, dont les conversations à la fois crues et pontifiantes parviennent à peine à masquer un profond malaise de vie. Ce Déclin a eu un impact profond sur moi, et je lui dois en grande partie mon amour pour le 7e art.Le Déclin de l'empire américain

    Tout cela sans compter le retour jubilatoire, dix-sept ans plus tard, de ces personnages auxquels je m’étais beaucoup attaché dans le non moins extraordinaire Les Invasions barbares– un autre film qui m’a bouleversé, et qui s’est vu décerner un Oscar bien mérité.

    Vous comprendrez donc à quel point j’ai sauté de joie ce week-end en apprenant que tant Téléfilm que la Sodec avaient donné leur aval financier à un nouvel opus du plus célèbre réalisateur québécois, car j’apprenais du même coup que celui-ci allait effectuer un retour derrière la caméra dès cette année.

    Avec Deux nuits, Arcand délaisse la critique sociale pour s’aventurer dans un genre qu’il n’avait jusqu’ici jamais exploré: le film romantique. Il est question d’un homme et d’une femme qui vivent une idylle à Toronto qui s’échelonne sur, eh oui, deux nuits.

    Si je souhaite ardemment qu’il s’agisse d’un retour en force et d’une grande réussite pour notre Denys Arcand national, ce que je souhaite surtout, c’est qu’il parvienne à me faire oublier la terrible erreur de jugement que fut L’Âge des ténèbres, sont plus récent film et, selon moi, le pire de son illustre filmographie. Jamais de mémoire n’avais-je constaté un si grand écart entre la hauteur de mes attentes et les bas-fonds de ma déception.

    Pourtant, ce troisième parallèle entre la réalité contemporaine et une triste page de l’Histoire n’était-il pas prédestiné à occuper le même piédestal de qualité transcendante que ses deux prédécesseurs? Tristement, non. Pour moi, L’Âge des ténèbres n’est pas tant un film qu’une succession peu intéressante de commentaires éditoriaux sur les travers de notre société.

    L’humour qui se voulait sarcastique tombe trop souvent à plat. Une scène interminable campée dans l’univers des « trippeux » de médiéval semble avoir été brochée au film dans le simple but d’y jeter un regard amusé. Les scènes de fantasmes fracturent le rythme du film. Et même si Marc Labrèche surprend par son habileté à jouer dans un autre registre que les pitreries, son personnage ne parvient pas à s’attirer notre sympathie.

    Bref, malgré la plus grande volonté du monde à adorer L’Âge des ténèbres, le film m’a plutôt laissé dans une humeur… ténébreuse. C’est donc avec beaucoup d’anticipation, mais une certaine prudence que je compterai les jours qui me séparent désormais d’une toute nouvelle œuvre de l’un de mes cinéastes favoris. En espérant que mon plaisir durera plus que… deux nuits.

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