Il est associé à des rôles marquants dans des films comme Gladiator et Walk the Line. Il a été en lice pour un Oscar à deux reprises. Ses performances étaient régulièrement louangées par la critique. Puis, dans l’un des exercices « créatifs » les plus bizarres que le cinéma ait connus, Joaquin Phoenix a publiquement mis feu à sa carrière.
C’était en 2010, et le bonhomme multipliait les frasques et déclarations déroutantes. Barbe hirsute, verres fumés greffés au visage, l’air intoxiqué, Phoenix affirmait à qui voulait bien l’entendre qu’il se dirigeait désormais vers une carrière de rapper, suscitant le rire, la confusion, le scepticisme – et la colère de David Letterman, insulté par l’arrogance de l’acteur lors de son passage à son émission.
Or, surprise : il fut par la suite révélé que l’opération n’était qu’un canular, Phoenix ayant fait l’objet d’un pseudo-documentaire tourné par son ami Casey Affleck (le frère de l’autre). Intitulé I’m Still Here, le projet a non seulement connu un échec lamentable, mais il semblait avoir mis un terme définitif à la carrière d’un acteur pourtant fort talentueux.
Eh bien, non. Comme quoi un Phoenix peut toujours renaître de ses cendres, il n’aura fallu que la confiance du réalisateur Paul Thomas Anderson pour projeter à nouveau Joaquin dans les hautes sphères de l’admiration. C’est ce que nous allons bientôt constater par nous-mêmes avec The Master, une œuvre que l’on dit monumentale qui est déjà perçue comme étant le candidat à battre lors de la prochaine course aux statuettes dorées. Et il semblerait qu’en compagnie de son confrère Seymour Hoffmann, qui joue le rôle du gourou d’une secte, Phoenix est presque assuré d’une nomination.
Tout un revirement pour celui qui se faisait huer sur la scène des clubs musicaux il y a deux ans à peine. Et une authentique démonstration que lorsqu’on possède un grand talent (et qu’on a de bons amis), on peut toujours se relever d’échecs même les plus embarrassants. Sauf quand on s’appelle Lindsay Lohan.
