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    Comment amener Cannes chez soi

    Je suis de ceux qui croient que, lorsque des gens se sont donné la peine d’investir dans un projet de film, et qu’ils se sont consacré corps et âme à transposer leur vision à l’écran, le résultat devrait idéalement être apprécié par le plus grand nombre de personnes possible.

    Je ne parle pas nécessairement ici de films à vocation purement commerciale du type dénominateur-commun-le-plus-bas-possible – Hollywood maîtrise déjà fort bien cette catégorie. Mais qu’en est-il des films dits d’auteur, ces œuvres plus intimistes qui attirent un public plus sélect, mais tout de même friand? Leur réalisateur (et toute l’équipe de tournage) ne souhaiterait-il pas pour autant les partager avec un auditoire qui s’étend au-delà des frontières de leur pays?

    Ce qui m’amène à vous parler du Festival de Cannes, qui s’est mis en branle il y a quelques jours. Si l’événement constitue certes une plateforme de classe mondiale pour la mise en valeur et la visibilité d’œuvres internationales, force est d’admettre que, hormis les quelques rares exceptions qui se verront couronnées ou qui auront eu la chance de trouver un important distributeur, vous et moi n’aurons jamais la chance de voir la grande majorité des films qui y sont présentés. À quoi bon lire la critique d’un drame social iranien percutant, que publient certains quotidiens locaux, si nous sommes presque assurés de ne pouvoir en apprécier nous-mêmes les qualités?

    La solution, selon moi, repose dans cet outil révolutionnaire qu’est Internet. Revenons à l’exemple du drame social iranien. Imaginons que, malgré un accueil critique dithyrambique, il reparte bredouille de Cannes. Pourquoi la seule alternative pour le voir serait-elle de se farcir un voyage en Iran? N’y aurait-il pas une façon de capitaliser sur ces plateformes de visionnement de plus en plus populaires que sont les iTunes et autres Netflix de ce monde, pour rendre accessibles les œuvres dont la qualité est telle qu’elles ont été jugées dignes d’être en compétition lors du festival de films le plus prestigieux au monde?

    J’imagine très bien une section «Cannes 2012» sur iTunes, où l’on pourrait louer (ou même acheter) à loisir une panoplie de longs métrages et documentaires de partout au monde, une fois le festival terminé (dans la mesure où, comme je le disais, aucun joueur d’envergure ne s’est emparé des droits de distribution internationaux). Qui sait? Peut-être que l’initiative finirait par faire des petits, et d’autres événements du genre comme Berlin, Venise, Sundance ou même Montréal, pourraient venir étoffer l’offre.

    On sait tous ici que les œuvres de Xavier Dolan sont d’ores et déjà disponibles sur la fameuse plateforme d’Apple, mais je ne suis pas convaincu que c’est le cas pour le reste de la planète. Ce dont je suis convaincu, par contre, c’est que la notoriété et la popularité de sa filmo s’accroîtraient de façon exponentielle si celle-ci était promue de façon distincte et évidente sur le site, un peu comme on le fait déjà lors des Oscars.

    Et, en contrepartie, ce serait une occasion pour nous de découvrir le Xavier Dolan… de l’Iran, tiens.

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