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    Box office du week-end: bonheur et déception

    IntouchablesEn parcourant hier matin les résultats du box-office québécois au cours du dernier week-end, deux choses ont particulièrement retenu mon attention. D’abord, la bonne nouvelle: Intouchables. Toujours bon premier au classement, un cumul de plus de 1,4 million $ en trois semaines, 266 000 $ au cours du week-end: ce bijou de film sur l’amitié qui a séduit la planète semble fort bien porter son nom.

    Même si son emprise sur la première place devrait être pulvérisée avec l’arrivée vendredi d’une bande d’Avengers, il y a fort à parier qu’un bouche-à-oreille très positif assurera à Intouchables une longévité en salles qui surpassera probablement celle de bien des canons estivaux.

    Et du côté des déceptions, il y a Dérapages. Oui, l’exposé de Paul Arcand sur les jeunes et la vitesse au volant aurait pu faire pire qu’une septième place et 166 000 $. Mais il aurait aussi pu faire mieux. Beaucoup mieux. Avec son sujet-choc, sa productrice et son réalisateur bien connus, un important battage publicitaire et une distribution dans une soixantaine de salles, il va sans dire qu’on espérait attirer davantage les foules – et ce, même si on parle ici d’un documentaire.

    Ceux qui ont lu ma critique du film savent que c’est ce que j’aurais souhaité aussi, même si la raison principale n’est pas nécessairement de gonfler les coffres de Cinémaginaire. Dérapages comporte peut-être des défauts au niveau de la forme, mais le fond, lui, est important. Essentiel, même.

    On ne se surprendra pas que le principal public visé par le film d’Arcand, soit les 16-24 ans, ait sans doute préféré ce week-end louer Rapides et dangereux plutôt que d’aller se faire dire qu’ils sont rapides et dangereux. Et sans doute que, comme l’ont affirmé certains, le grand écran n’était peut-être pas l’avenue idéale pour ce genre de documentaire.

    Je ne puis qu’espérer alors qu’une fois arrivé en DVD, Dérapages sera imposé comme visionnement obligatoire dans toutes les écoles secondaires et cégeps du Québec. Car à mon avis, le succès d’un tel documentaire ne se mesurera pas tant pas les recettes engrangées en salles, mais bien par la baisse du taux de mortalité sur les routes.