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    Blade Runner 2: Oui, mais...

    Ça y est, c’est officiel. Après avoir fouillé les origines de son propre Alien avec Prometheus, voilà que le grand Ridley Scott (ou plutôt Sir Ridley Scott) entend à nouveau plonger dans sa propre filmo, cette fois pour réaliser une suite à son classique Blade Runner. Qui plus est, question sans doute d’assurer la plus grande fidélité possible à l’esprit de l’original, la suite sera pondue par le même scénariste, Hampton Fancher.



    Même si le scénario demeure à l’étape de la page blanche, certains détails importants ont d’ores et déjà été révélés par Scott, notamment:

    •    Harrison Ford ne reprendra pas son rôle de Rick Deckard;
    •    Cette fois, c’est une femme qui tiendra la vedette principale du film;
    •    Les événements se dérouleront bel et bien après, et non avant, ceux dépeints dans Blade Runner.

    S’il y a certainement de quoi se réjouir d’une telle nouvelle, j’avoue avoir certaines réserves. Certes, l’histoire du film, basée sur un roman de Philip K. Dick (encore lui), est certainement originale et intéressante. Par contre, j’ai toujours cru que l’un des principaux personnages de Blade Runner était son décor. Le Los Angeles de 2019 tel qu’imaginé par Scott et ses brillants concepteurs, avec ses nuits pluvieuses éternelles, ses panneaux publicitaires électroniques omniprésents et son architecture aussi démesurée qu’écrasante, est devenu une signature du film dont l’influence a fait légion.

    En anglais, une expression dit Lightning in a bottle. Cela revient à dire que, déjà que d’avoir réussi à capturer un éclair dans une bouteille une première fois relève du miracle, comment peut-on espérer y parvenir une seconde fois? Autrement dit, est-il vraiment possible, en cette ère où la technologie numérique est à ce point avancée, et où les effets spéciaux qui en résultent sont devenus davantage routiniers que révolutionnaires, de reproduire chez le public le même ébahissement éprouvé lorsque Blade Runner a pris l’affiche en 1982?

    Chose certaine, Scott et son équipe devront redoubler d’ardeur au niveau du récit et de la distribution s’ils tiennent à épater la galerie. Blade Runner avait ses lacunes narratives, mais on lui pardonnait facilement devant cette atmosphère rétro-futuriste qui détonnait de façon spectaculaire dans un contexte cinématographique à l’époque peuplé par E.T. et Rocky III.

    Aujourd’hui, par contre, les choses ont bien changé. On aime The Avengers pour les mêmes raisons qu’on rejette Battleship: non pas à cause des effets spéciaux ou des décors, mais bien de l’histoire. On embarque, ou on n’embarque pas.

    Ainsi, même si on ne peut qu’être impressionné devant le professionnalisme évident des effets constatés dans la bande-annonce de Prometheus, avouons-le: ce qui nous met le plus l’eau à la bouche, c’est l’idée de connaître enfin les origines de ces affreuses bestioles. Tout comme on souhaitera en apprendre davantage sur l’évolution des réplicants dans Blade Runner 2. Même s’il ne pleut plus à Los Angeles.